Un vent d’espoir souffle sur les grenouilles d’Amérique centrale

rainette à yeux rouges © Christian Ziegler / Minden Pictures / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

Depuis près de quarante ans, les amphibiens à l’échelle planétaire font face à un terrible déclin, lié à un pathogène fatal. Pour la première fois, un vent d’optimisme semble souffler en direction des espèces centre-américaines dont les populations affichent pour certaines espèces une légère hausse.

Cette véritable crise est causée par un un champignon répondant au nom de Batrachochytrium dendrobatidis, Bd pour les intimes. Celui-ci se développe sur la kératine composant les pièces buccales des têtards et l’épiderme des adultes. Or, c’est au travers de cette peau que les amphibiens non seulement absorbent divers éléments essentiels tels que sodium et potassium, mais aussi respirent, partiellement ou totalement comme chez la salamandre. Le champignon provoque un arrêt cardiaque doublé, chez les espèces privées de poumons, de suffocation. Un tiers des amphibiens mondiaux sont aujourd’hui touchés par l’infection.
 
Si le pathogène reste présent (et virulent) dans les zones étudiées notamment au Panama, les chercheurs ont été surpris de voir que certains amphibiens exposés depuis longtemps au champignon fabriquaient désormais des sécrétions cutanées bien plus efficaces pour lutter contre la maladie. Serais-ce un nouveau et encourageant chapitre qui s’ouvre pour ce groupe parmi les plus menacés ?
 
Source : Science