Le bain de soleil de la rainette verte

Jeune Rainette verte sur une feuille © Bruno Guénard / Biosphoto

+ A A -

Emmanuelle Grundmann

Agrippée à la tige d’un iris aquatique, une rainette arboricole semble pétrifiée. Trois heures plus tard, elle n’a pas bougé d’un millimètre et sur son corps luisant se sont déposées les graines duveteuses des saules voisinant le cours d’eau dans lequel poussent les iris sur lesquels elle est installée.

Madame prend le soleil. Elle fait le plein d’énergie et, grâce à une sorte de film cireux recouvrant sa peau, elle ne transpire pas et ne se dessèche pas. Les yeux clos, fixée grâce à ses pattes dont les doigts se terminent par de petites ventouses, ce petit amphibien de moins de 5 centimètres de long attend le crépuscule pour s’activer et partir à la recherche d’insectes dont elle se nourrit, même si elle peut partir en quête de repas en plein jour également. La forme très gracile et en Z de ses pattes lui permet de faire d’importants bonds et de saisir en plein vol différentes proies ailées.

Ainsi immobile et souvent totalement mimétique avec son environnement, elle se cache des hérons notament. Habitant près des cours d’eau et des étangs, c’est une excellente indicatrice de la bonne santé des milieux car la rainette ne supporte pas les zones polluées par les pesticides. Une sensibilité qui va de pair malheureusement avec la raréfaction du petit batracien.