L’incroyable mémoire des éponges

 Eponge tubulaire sur récif Mer des Caraïbes Dominique © Reinhard Dirscherl / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

Ne vous avisez plus de penser qu’une éponge, parce qu’elle est percée de trous et aussi molle qu’un chamallow n’a pas de mémoire. Les chercheurs viennent en effet de faire une découverte des plus surprenantes.

Souvent confondue avec un végétal, l’éponge est en réalité un animal au même titre que l’anémone de mer ou le petit -poisson clown qui l’habite. Et ces créatures qui semblent aussi réactives qu’une botte de poireaux ont une fabuleuse mémoire. Elles gardent en effet trace de toutes les espèces qui sont passées près d’elles. Pourtant, elles sont privées d’yeux.

Mais, en filtrant plus de 10 000 litres d’eau par jour, un record, elles retiennent d’infimes traces gorgées d’ADN laissées dans leur sillage par diverses espèces, des crabes aux manchots en passant par les phoques ou les sardines et les mérous. Et, en analysant la colonne d’eau ou encore l’estomac des éponges, on peut retrouver, comme dans un livre, tous les animaux qui ont lui ont rendu visite. Cet ADN environnemental est une formidable source d’information qui permet d’évaluer la biodiversité d’un site. 
 
Source : Current Biology – Sciences & Avenir