Une pléiade d’écrevisses mutantes se clonant toutes seules s’installe en Europe

écrevisse Procambarus clarkii Procambarus clarkii © Bruno Guénard / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

Les écrevisses européennes doivent faire de la résistance face à des envahisseurs venus principalement des Amériques comme l’écrevisse de Louisiane. Introduite dans les cours d’eau européens mais aussi dans différentes zones tropicales comme Madagascar, elle s’est si bien acclimatée, après avoir été relâchée des aquariums dans lesquels elle vivait, qu’elle a pris le dessus, apportant par ailleurs divers pathogènes sous sa carapace, au grand dam de ses congénères autochtones.

Une autre menace vient de pointer le bout de sa pince. Une écrevisse de l’espèce Procambarus virginalis, mutante, échappée d’un aquarium en Allemagne se reproduit par clonage, sans avoir besoin de partenaire. Et, à l’image d’un scénario de science-fiction, les études génétiques révèlent qu’une cohorte de femelles écrevisses, toutes similaires et descendant d’un même individu sont en train de coloniser les cours d’eau.

Au-delà des problèmes posés sur la faune endémique et les écosystèmes, l’étude de ce groupe de clones mutants pourrait s’avérer fort enrichissant dans la compréhension des mécanismes régissant la prolifération des cellules cancéreuses.

Source : The Guardian & Nature, Ecology & Evolution