De montagne en vallée, voyage à fleur de peau en pachydermie

postérieur ridé d'un éléphant d'Afrique © Gerry Ellis / Minden Pictures / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

Parcheminée, parcourue d’une kyrielle de sillons la faisant ressembler à une terre craquelée par la sécheresse, la peau des éléphants est unique. De très près, l’épiderme des pachydermes bien que 50 fois plus épais que le nôtre est fait d’une succession de montagnes et de pics ainsi que de profondes vallées.

Néanmoins, cette structure en dent de scie n’a rien de commun avec les gerçures que nous expérimentons par grand froid. Loin d’être des blessures, elles sont essentielles au grand animal. Les éléphants sont privés de glandes sudoripares et ne peuvent transpirer comme nous.

Afin de réguler leur température ils s’aspergent d’eau à l’aide de leur trompe. C’est là que les rides interviennent, elles absorbent le liquide qui va ensuite s’évaporer lentement, permettant à la peau de l’éléphant de rester humide et fraiche et de refroidir l’ensemble de son large corps.

Seuls les éléphants d’Afrique ont une peau ainsi creusée de sillons qui peuvent absorber 5 à 10 fois plus d’eau que la peau lisse de leurs cousins asiatique par exemple. Pourquoi cette différence ? Probablement parce que l’éléphant de savane est soumis à des températures bien plus chaudes et dispose de moins d’ombre que son cousin qui vit dans des zones couvertes de forêts denses. De plus, il doit subir les attaques nombreuses de moustiques ou de mouches et conserve ainsi dans ses rides une épaisse couche de boue protectrice.

Source : Nature Communication