Les marmottes prêtes pour le grand sommeil

marmotte vue en contre plongée © Misja Smits / Buiten-Beeld / Minden Pictures / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

Trop petites pour pouvoir compter sur leur seule graisse et fourrure durant l’hiver montagnard souvent glacial, la marmotte a choisi d’hiberner.

C’est en ce moment, en octobre, alors que les jours raccourcissent que les petits mammifères commencent à se calfeutrer dans leur terrier après avoir passé l’été à se goinfrer d’herbes et de graines. Là, dans une chambre souterraine qu’elles ont pris soin de remplir de foin, elles vont désormais vivre au ralenti, cessant de s’alimenter pour vivre uniquement sur leurs réserves corporelles de graisses.

Afin de baisser au maximum leur facture énergétique, les marmottes subissent quelques modifications physiologiques. La température de leur corps chute entre 5 et 8°C au lieu des 37°C habituels et leur métabolisme se ralentit. Bientôt, le cœur du petit rongeur ne battra plus qu’à un rythme de 15 battements par minutes contre 130 en temps normal.

Si elle se réveille régulièrement tous les 3 à 10 jours, histoire de faire ses besoins, de se toiletter et de réarranger son nid, la marmotte ne met pas une seule fois le nez dehors durant l’hiver. Il fait bien trop froid !

Les mécanismes à l’origine de ces réveils périodiques et de la sortie d’hibernation printanière sont encore mal connus et seraient liés à la présence ou non d’une substance neurochimique. Pendant les phases de torpeur, petit à petit, ce stock de molécules provoquant l’hibernation se dégraderait et bientôt ne serait plus suffisant pour garder la marmotte endormie. Alors, celle-ci se réveillerait et son métabolisme, à nouveau en marche pour quelques heures, synthétiserait un stock de ces substances neurochimiques, la plongeant à nouveau dans le sommeil.