L’incessante conversation des singes vervets

Vervets (Chlorocebus pygerythrus) combat sur rocher, © Patrice Correia / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

Les singes vervets, habitants de la savane africaine, possèdent un répertoire de cris d’alarme variant selon le prédateur. Ces cris induisent des réponses distinctes de la part de ces petits primates grégaires. Chez les singes vervets de l’est, si l’intrus est un carnivore, comme une panthère, tous grimpent au sommet d’un acacia parasol protecteur. Si la sentinelle lance l’alarme ‘rapace’ ils scrutent le ciel avec attention et se réfugient au centre de l’arbre et si c’est un serpent tous les regards se portent au sol.

Suite à l’apparition d’un drone dans le ciel, les singes vervets de l’ouest ont immédiatement poussé un nouveau cri. Ce danger était nouveau et a généré la conception d’un nouveau signal. Mais celui-ci était étonamment proche de celui que leurs cousins de l’est poussent face à un aigle, un danger qu’ils ne connaissent pas dans leur habitat.

Et encore plus surprenant, une seule exposition à ce nouveau « danger » a suffit pour que le groupe apprenne le nouveau cri. A la deuxième apparition de drone, et au cri d’alerte, tout le groupe a levé les yeux au ciel avant de chercher refuge dans le buisson le plus proche. Ce comportement corrobore l’idée que le cri d’alerte est un réflexe physiologique profondément enraciné dans l’histoire évolutive de ces singes.
 
Source : Sciences & Avenir