Un trône pour une reine méditerranéenne

grande nacre en Méditerannée © f.larrey / regard du vivant

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Emmanuelle Grundmann

Dans les profondeurs des eaux marines de Méditerranée trône une reine. Un coquillage géant. Le deuxième plus grand bivalve du monde après le bénitier. Pouvant vivre 40 ans et atteindre une taille d’un mètre vingt de long, la grande nacre est une endémique, elle ne vit qu’ici.

Elle doit son nom à la nacre qui recouvre entièrement l’intérieur de ses immenses coquilles et, comme l’huître perlière, sa cousine, peut parfois produire de petites perles qui furent durant l’Antiquité très prisées.

Plantée dans le sol sablonneux, elle ne laisse dépasser que la partie supérieure de sa coquille qu’elle entrouvre pour filtrer l’eau salée et y récupérer de quoi respirer ainsi que de petits fragments d’algues ou de plancton. Immobile, 2000 litres d’eau transitent par ses branchies au quotidien.

Cette vénérable doyenne abrite également une cohorte d’autres organismes parmi lesquels de la dentelle de Neptune, un bryozoaire, des algues mais aussi un petit crustacé répondant u doux nom de pinnothère. Logeant à l’intérieur de la coquille de la grande nacre,  ce petit crabe de moins d’un centimètre de long, connu depuis l’Antiquité, mange les restes de nourritures à disposition et profite de ce vaste abri pour se protéger des prédateurs. Simple cohabitation, symbiose ou parasitisme, les scientifiques ne sont pas d’accord sur la relation qui lie les deux organismes et le mystère demeure pour l’instant entier.

En attendant, la nacre continue tant bien que mal de filtrer la Méditerranée, le coquillage étant menacé d’une fait d’une surexploitation de par le passé. Elle est aujourd’hui intégralement protégée.