Histoire du Jour : Shakespeare et le voyage en Amérique de l’étourneau

un vol d'étourneau sansonnet © Mario Cea Sanchez / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

Cette année, William Shakespeare aurait eu 450 ans ! S’il laisse en héritage quantité d’œuvres dramatiques, on lui doit aussi l’arrivée en Amérique du Nord d’un oiseau, l’étourneau sansonnet. Le passereau est un européen que le grand auteur mentionne dans sa pièce Henry IV. Jusque là, rien d’étrange. Et si le grand dramaturge n’a jamais traversé l’Atlantique, c’est à un apothicaire, au 19ème siècle que l’on doit l’arrivée de l’oiseau sur le continent américain. Fasciné par Shakespeare, Eugene Schieffelin, président à ses heures perdues de l’American Acclimatization Society rêvait de faire venir dans sa patrie tous les oiseaux cités dans l’œuvre de l’auteur anglais. Si l’alouette ou la grive musicienne relâchées dans Central Park à Ney York n’ont pas survécu ni laissé de traces, les cent étourneaux libérés entre 1890 et 1891 se sont tant plu dans la mégapole qu’ils ont prospéré. Ils sont désormais plus de 200 millions et comptent parmi les rares espèces les plus fréquentes de la côte atlantique à la côte Pacifique et jusqu’à la limite de la toundra. William Shakespeare n’aurait certainement pas imaginé une telle consécration ! Source : Radio Canada