La parade tardive de la grande outarde

une grande outarde © Oscar Diez / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

L’oiseau est étrange, imposant. Plus de 18 kilos sur la balance pour les mâles et la moitié pour les femelles. Si l’espèce est piètre navigatrice aérienne, elle peut battre un renard à la course avec des pointes à 48km/heure. Sa silhouette et sa démarche pourraient presque nous faire penser à une autruche miniature mais les liens de parenté entre les deux espèces sont ténus. Ce qui frappe chez l’outarde, outre sa très grande rareté actuelle (elle a été victime de l’avancée de l’agriculture intensive au détriment des prairies et steppes qu’elle affectionne), c’est sa parade. Retardée pour cause d’intempéries, elle débute seulement ce début juin, dans une grande partie de la zone de répartition de l’oiseau, notamment en Angleterre où elle a été réintroduite récemment. Regroupés en leks, les mâles font leur show en exhibant dans un spectaculaire ballet les plumes blanches de leur cou habituellement dissimulées. Spectatrices attentives, les femelles choisiront le futur père de leur couvée en fonction de ses prestations. Une parure flamboyante étant souvent signe de bonne santé. Désormais, les outardes doivent rattraper leur retard pour élever leurs jeunes avant l’arrivée de la mauvaise saison. Source : The Guardian