BLUE : Comment le poisson-perroquet à bosse préserve le récif corallien ?

Un poisson-perroquet à bosse © Gisle Sverdrup / Disney

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Disneynature

Probablement le plus surprenant de tous les poissons rencontrés dans le récif, le poisson perroquet à bosse est non seulement imposant (70 à 100 kilos sur la balance pour 130 cm de long ) mais aussi étrange de par cette excroissance surmontant sa tête. C’est le plus grand de tous les poissons perroquet. Fréquentant les récifs où ils viennent se nourrir des algues contenues dans le corail, ils vivent en groupe d’une dizaine d’individus.

Dans le récif de Wakatobi, un archipel situé au sud-est de l'île indonésienne de Célèbes, l’équipe de BLUE en a rencontré plusieurs milliers. C’est en période de frai que les rassemblements sont les plus importants et les mâles s’affrontent alors violement à coup de tête pour gagner les faveurs d’une femelle. Paul Collins, assistant plongeur, explique : « Nous n’avons jamais vu cela ailleurs. Aux Maldives, ou à Sipadan (Malaisie), vous pouvez voir des regroupements de 40, 50, 60 individus, pas plus. Nous ne savons pas s’ils se rassemblent pour se reproduire comme c’est le cas pour d’autres poissons.

Cette espèce joue le rôle d'un jardinier pour le récif. Tous les ans, chaque individu ingère jusqu’à 5 tonnes de corail. Il broie le squelette calcaire pour en extraire les algues puis rejette le corail sous forme de sable qui va former ces fabuleuses plages coralliennes. Sans eux, les algues étoufferaient le corail, à commencer par les parties les plus faibles ou malades. En limitant leur expansion par son appétit vorace, le poisson perroquet à bosse entretient son milieu ! » 

Helen Sampson, photographe et plongeuse, commente  : «  À la nuit tombée, ils allaient souvent dormir sur une sorte de tombant dans le récif et, dès l’aube, ils remontaient des profondeurs vers la surface pour aller se nourrir. Nous savions donc précisément quand les poissons perroquet à bosse allaient arriver. Ce qui était incroyable c’était le bruit qu’ils faisaient en grignotant le corail. Cela s’entendait vraiment et comme nous avions un hydrophone, nous avons enregistré ce son fascinant. »