La nuit de l’Empereur

Jeunes manchots empereurs ©Vincent Munier – expédition Wild-Touch Antarctica!

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Emmanuelle Grundmann

Aucun autre oiseau ne résiste à de telles conditions extrêmes.
Ici, au cœur de l’Antarctique, les températures affolent souvent le thermomètre avec  -60°C et un vent cinglant pouvant dépasser les 200km/h.

Mais le manchot empereur a plus d’une adaptation sous ses plumes. Celles-ci, petites, en forme d’écailles très serrées, forment le principal isolant, secondé, sous la peau par une épaisse couche de graisse. Mais ce n’est pas tout. Si la forme générale du manchot, son bec étroit et court et ses ailerons peu imposants permettent de limiter au maximum les déperditions de chaleur, d’autres mécanismes les secondent. Ainsi, l’oiseau possède une cavité nasale qui stocke la chaleur émise et perdue ors de l’expiration afin de la recycler et les artères et veines sont bien plus rapprochées que chez d’autres oiseaux toujours dans l’optique de limiter les échanges thermiques aux extrémités. Des adaptations nécessaires lorsqu’on sait que le mâle va, seul, affronter un long et très sombre hiver, un œuf précieux logé dans un repli de peau au-dessus de ses pattes, et qu’il doit maintenir coûte que coûte à 31°C.

Lorsque le froid devient trop extrême, les manchots se rassemblent, tête baissée, pour former une ‘tortue’. Chacun passe à tour de rôle du centre, plus chaud, vers l’extérieur. Puis, lorsque les femelles reviendront enfin de leur longue période de nourrissage en mer pour prendre le relais, les mâles pourront enfin retrouver les joies de la nage et de la pêche afin de reprendre les 45% de poids qu’ils ont perdu durant cette longue nuit hivernale.

L'EMPEREUR -  Au Cinéma le 15 février 2017
 

Antarctique

L'Antarctique parfois appelé continent austral ou continent blanc, est le continent le plus méridional de la Terre. Situé autour du  pôle Sud, il est entouré par l'océan Antarctique et bordé par les mers de Ross et de Wedell.

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