Calendrier de l’avent de Dame Nature : le tigre de Sibérie

Pierre Vernay / biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

C’est un seigneur qui se cache derrière la sixième porte du calendrier de l’avent. Discret, seules ses traces dans la neige épaisse trahissent son passage au cœur de la taïga. A l’extrême sud-est de la Russie, ils ne sont guère plus que 500 individus, chassés à outrance pour leur épaisse fourrure rayée et leurs os dont on raconte, en Chine, qu’ils guérissent de tout ou presque. Le tigre de Sibérie est le plus imposant des félins, avec 400 kilos sur la balance pour les mâles, deux fois plus que leurs cousins indiens. Un poids qui s’explique notamment par le milieu extrême dans lequel ils vivent : ici, les températures chutent jusqu’à -40°C parfois et la neige engloutit le paysage jusqu’à en effacer tous les contours. Quant aux proies, elles sont rares et très dispersées. Pour chasser le félin traque les indices imprimés par ses futures proies sur le sol recouvert d’ivoire et se déplace autant que possible sur les rivières gelées, là où la neige est la moins épaisse afin d’économiser son énergie. Mais il lui faut souvent parcourir de grandes distances et il n'est donc guère surprenant que ce félin ait un domaine vital dont la taille n'a nul égal chez tout autre espèce cousine. Alors qu’il vivait autrefois en Chine, en Corée et jusqu’en Mongolie, l’espèce a failli disparaître dans les années 1940 à cause du braconnage. Depuis, la protection et la réintroduction d’individus dans la province de Primorsky ont redonné un espoir pour ce grand et majestueux prédateur.