En Corse, la fougère aigle déploie ses dernières frondes.

Fabio Liverani / naturepl.com

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Emmanuelle Grundmann

Les châtaigniers n’ayant pas revêtus leurs habits de feuilles ce 2 mai, les sous-bois de la Castagniccia Corse sont encore baignés de lumière. Une aubaine pour la fougère aigle qui se hâte de déplier ses dernières frondes. Si elle nous paraît commune, la fougère aigle, présente en Europe depuis 5 millions d’années, est multi-fonctions. Cuit, son rhizome se transformait autrefois en pain des disettes et sauvait des vies. Quant aux parties aériennes, elles étaient ramassées par brassées pour devenir litière et fourrage du bétail, toits de chaume ou garnir, séchées, les paillasses des abris des bergers et des charbonniers. Mais elle servait aussi à l’industrie qui la transformait en engrais, en énergie par maltage, en savon, et elle entrait depuis l’époque romaine dans la composition du verre pour remplacer le bois ou la soude. Source : Y. Dumas (CEMAGREF)