En Mai, le mégapode creuse, creuse, creuse…

Cyril Ruoso / Biosphoto

+ A A -

Emmanuelle Grundmann

Dans le sud-est de la Nouvelle-Guinée, depuis quelques semaines, des bruits étranges de terre remuée, pelletée, résonnent dans la forêt. Le responsable : un oiseau à longues pattes trapues d’un bel orange vif. Le mégapode de Rheinwardt, cousin éloigné des poules et faisan, est en train de construire son nid. Un nid peu ordinaire. Car les parents ne couvent point. Ils laissent le soin à la chaleur issue des feuilles et autres matières végétales en décomposition de leur tumulus d’assurer le maintien au chaud de leurs œufs. Cet édifice creusé sous terre ou en forme de monticule pouvant mesurer 4 mètres de haut et 9 de large est une véritable couveuse. La femelle y dépose sa douzaine d’œufs qu’elle abandonne ensuite. A la naissance, les oisillons déjà totalement indépendants, doivent, tels des taupes,  creuser pour se frayer un chemin vers l’air libre.