Histoire du jour : hiberne, hiberne pas ?

Minden Pictures / Ingo Arndt / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

La question a agité les scientifiques durant de longues années. La température corporelle des ours baissant très peu lors de leur sommeil hivernal, à l’inverse des marmottes ou des sousliks, hibernent-ils ou hivernent-ils ? La science a tranché grâce à des expériences menées sur les ours noirs en Alaska. Cinq individus ont été dotés d’une puce sous-cutanée qui a mesuré en continu leur température, leur activité musculaire et leur fréquence cardiaque. Puis ils furent attirés dans une tanière High tech où un système d’analyse de l’air mesurait la quantité d’oxygène qu’ils consommaient. Les chercheurs se sont aperçus que si leur température corporelle baissait peu, leur rythme cardiaque en revanche passait de 55 battements par minute en été à 14 voire 9 en hiver et que leur consommation d’oxygène chutait parfois de plus de ¾. Cela a permis de montrer que la température corporelle n’est pas la seule responsable de la baisse du métabolisme. Un gros avantage. En effet, quand ils se réveillent, régulièrement, la plupart des hibernants doivent se réchauffer ce qui est très énergivore. Mais les ours noirs peuvent du coup ouvrir un œil, pour réarranger leur lit douillet puis se rendormir sans effet sur leur consommation énergétique.  Source : la Recherche