Histoire du jour : la première mue du serpent

© Minden Pictures / Heidi & Hans-Jurgen Koch / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

Alors que les reptiles font leurs premières sorties pour se réchauffer sous les doux rayons de soleil printanier, un événement est en train de se dérouler. Afin de célébrer cette nouvelle année qui s’ouvre, les serpents font peau neuve. Cette première mue célébrant la renaissance après un long hiver sera suivie de plusieurs autres au fil de l’année. Recouverte d’écailles, la peau des ophidiens s’use au gré des déplacements et, non extensible, elle doit être abandonnée pour permettre à l’animal de grandir. L’événement est laborieux et très délicat. Car c’est lors de ce déshabillage que le serpent est le plus vulnérable.  Lors du passage de la tête au travers du costume usagé, ses yeux sont aveuglés et les prédateurs guettent ce rare moment de faiblesse. Puis en ondulant, l’animal se fraye un chemin hors de son ancien corset et scintille d’une nouvelle parure sans aucune rayure ni accroc. Chez les lézards, la tâche est plus aisée car la peau se détache par morceaux sans occasionner de gêne. Ce comportement est aussi délicat que rare à observer et les dépouilles, appelées des exuvies, ne traînent guère dans la nature, un cortège de petits animaux se chargeant de les recycler.