L’année du gui

© Jean-Baptiste Strobel / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

Si 2015 fut une année ponctuée de nombreux chamboulements climatiques, en témoigne ce mois de décembre particulièrement doux sinon chaud, il est une espèce  que cela n’a point dérangé, bien au contraire. Tout a débuté aux portes du printemps avec des mois de février et de mars particulièrement secs et ensoleillés qui ont profité à la floraison du gui. Les insectes ont bourdonné en nombre autour des minuscules fleurs d’un jaune d’or, à la recherche de quelques gouttes de nectar, permettant ce faisant, la pollinisation. Puis, de gros fruits nacrés gorgés de pulpe se sont formés sur la plante parasite durant l’été et l’automne baignés de soleil. Nous ne sommes pas les seuls à nous réjouir de ces brassées de gui constellées de baies, ces dernières font également le bonheur d'oiseaux comme la grive draine ou la fauvette à tête noire. Un appétit qui satisfait le gui, car en se délectant de ces fruits, les oiseaux s’en collent sur les pattes ou le bec mais surtout participent à la dissémination des graines du parasite en allant déféquer sur d’autres arbres. Enfin, parce que le changement climatique a poussé beaucoup plus de fauvettes noires que les autres années à hiverner en Angleterre notamment, nous pouvons nous attendre à voir quantité de nouvelles pousses de gui éclore dans les mois qui viennent. Source : The Guardian