Le chamois dans la vallée...

© Eric Ferry / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

Alors que le printemps pointe timidement le bout de son nez dans les plaines, en montagne, l’hiver semble s’attarder. Les plantes n’osent pas encore sortir leurs feuilles hors des bourgeons protecteurs et les herbivores s’impatientent. Pour les chamois qui consomment graminées, trèfle et fleurs d’alpage, une seule solution s’impose : quitter leurs refuges haut perchés et descendre dans la vallée, là où les températures plus clémentes ont fait pousser l’herbe et les feuilles. Car, même sous la neige, le serpolet et la bruyère ayant survécu à leur appétit ne suffit plus à les sustenter. Certains sont si téméraires qu’ils peuvent aller jusque dans les jardins pour grignoter quelques fleurs juteuses et délicieusement sucrées. Mais ces migrations verticales ne sont pas sans danger et affaiblis par ces restrictions alimentaires, certains individus feront des chutes fatales en franchissant les reliefs escarpés les menant aux douces vallées. Heureusement, dans quelques semaines, le printemps aura aussi fait renaitre les pelouses d’alpage et les hardes pourront retrouver leur quartiers habituels.