L’essentielle beauté du petit rhinanthe des prés

© Robert Thompson / naturepl.com

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Emmanuelle Grundmann

Malgré la pluie qui tombe sans discontinuer depuis plusieurs jours, le vert tendre des prairies sauvages s’agrémentent en cette fin mai de multiples couleurs. Certaines fleurs s’exhibent sans pudeur telles les orchis pyramidaux tandis que d’autres jouent les timides à la manière du petit rhinanthe qui éclabousse ces étendues d’un délicat jaune soufré. Pourtant, c’est un acteur sinon original du moins essentiel à ces écosystèmes. Le décrire comme un hémiparasite profitant des fabacées en pompant la sève dans leurs racines ne serait qu’un portrait tronqué de celui que l’on appelle parfois abusivement crête de coq en raison de la forme de sa corolle entourée de bractées dentelée qui lui a valu son nom latin de ‘fleur en forme de nez’. En effet, des recherches ont montré que sa prolifération, loin d’être handicapante, favorise l’accroissement de la biodiversité. Parce que le rhinanthe agit comme un inhibiteur de pousse des graminées, il fait de la place pour d’autres plantes à fleur qui ne pourraient pas s’installer autrement.  Alors, chaussez vos bottes et enfilez votre ciré pour aller admirer cette curieuse discrète des prés !