La fièvre du corail australien

© Jean-Paul Ferrero / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

Alors que la goélette Tara vient de quitter Lorient pour deux années d’expédition dans le Pacifique afin d’étudier les récifs, une étude publiée cette semaine montre que la grande barrière de corail australienne souffre particulièrement cette année. Du fait des records de température en 2015 et 2016, un grave épisode de blanchissement a provoqué la mort d’environ 35% des coraux du nord et du centre de la grande barrière australienne. C’est la troisième crise en 18 ans et la plus aigue annoncent les scientifiques qui ont effectué une surveillance aérienne et sous-marine accrue de 84 récifs. La hausse des températures liée au réchauffement climatique global provoque l’expulsion des petites algues qui vivent en association dans le corail. Ce sont elles qui fournissent les nutriments essentiels au développement de ces immenses cités sous-marines qui servent de refuge à quantité d’espèces de poissons, crustacés, mollusques et autres espèces. Néanmoins, les récifs peuvent s’en remettre mais il faudra plusieurs années, probablement une décennies, et à l’unique condition que le réchauffement ne s’accroisse pas. Ce phénomène va être au cœur de l’expédition Tara et des 70 scientifiques qui vont tenter de mieux appréhender les capacités d'adaptation du corail aux changements climatiques. La bonne santé de cet écosystème qui ne couvre certes que 0,2 % de la planète mais abrite 30% des espèces marines connues, est essentielle non seulement pour la biodiversité dans son ensemble mais aussi pour l’Humanité. Source : AFP