Histoire du Jour : Les jardins suspendus de la forêt du grand ours

Les jardins suspendus de la forêt du grand ours © Oscar Diez / Biosphoto

+ A A -

Disneynature

Il y a un mois, un accord historique venait de voir le jour pour protéger intégralement 85% de la forêt du grand ours, la dernière sylve tempérée pluviale intacte située en Colombie Britannique. Aujourd’hui, ZOOM vous emmène dans ce royaume où la chlorophylle et l’humidité règnent en maître. Comme dans les forêts tropicales humides, il pleut beaucoup, de 140 cm à 500 cm par an mais les températures dépassent rarement les 10 à 12°C. Un cocktail idéal pour les fougères ou les mousses qui emmaillotent chaque tronc et branche donnant à la foret cet aspect féérique. Ces végétaux épiphytes non seulement apportent des matériaux de construction pour les oiseaux et d’autres animaux mais fabriquent, une fois morts et décomposés, un sol haut perché. Ce sol peut faire jusqu’à 20 cm d’épaisseur et abrite une communauté très riche d’invertébrés : scarabées, fourmis et même vers de terre ou limaces vivant suspendus à plusieurs dizaines de mètres de haut. Plus intéressant,  la chercheuse Nalini Nadkarni a montré que certains arbres fabriquent des racines au niveau de leurs branches et de leurs troncs. Ils les envoient dans ce matelas d’épiphytes et de sol aérien. Ce sont des racines fonctionnelles qui absorbent très bien les substances nutritives. Elles peuvent croître de plusieurs mètres le long des branches, toujours recouvertes par ce matelas. Ces racines aériennes semblent fonctionner comme un raccourci pour le transfert des nutriments depuis les épiphytes et l’arbre hôte qui les accueille et accroissent la productivité de cette fabuleuse forêt. Chaque arbre devient en quelque sorte une forêt miniature à lui tout seul !