Quand les rats sculptent malgré eux l’écosystème corallien

banc de poissons coralliens © Reinhard Dirscherl / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

Quel est le point commun entre un rat et un récif corallien ? Aucun serait-on tenté de répondre. Pourtant, le rongeur n’est pas étranger à la vie de cet écosystème tropical. Il le façonne, à sa façon.

En se gobergeant d’œufs et de poussins d’oiseaux marins nichant sur les côtes tropicales, le rat impacte les populations de poissons et d’invertébrés au large. En effet, en réduisant parfois drastiquement la population aviaire, cela diminue d’autant l’apport d’excréments d’oiseaux dans la mer. Or, c’est un engrais particulièrement riche et important pour les écosystèmes, apportant des nutriments en quantité à bon nombre d’espèces.

Dans l’archipel de Chagos au cœur de l’océan indien où l’effet de la population de rat a été longuement scruté à la loupe, il s’avère que les îles privées de rongeurs abritent une densité aviaire 760 fois supérieure à celle d’îles habitées par les rats. En conséquence, ces lieux produisent 251 fois plus de nitrogène, contribuant à une biomasse globale 48 % supérieure à celle des lieux habités par les rongeurs.

Comme cela se pratique ailleurs pour protéger la biodiversité autochtone, les chercheurs prônent l’instauration de campagnes limitation de la population des rats afin de protéger les  récifs coralliens déjà largement stressés et fragilisés par le bouleversement climatique.

Source : nzgeo