Drôle de gui !

mésanges bleues mangeant des fruits de gui © Michel Rauch / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

C’est une plante étrange qui ouvre la nouvelle année. D’un vert éclatant ponctué de billes d’albâtre, le gui ne fait rien comme les autres plantes. D’abord il pousse perché, souvent sur des arbres fruitiers mais aussi sur des peupliers et d’autres essences. Mais c’est aussi un sans gêne : il ne fabriquer pas sa propre sève mais la vole à son hôte. C’est un parasite. Observez le bien, il ne possède pas de racines, juste une sorte de crampon, en pointe, qui, à la manière d’une vis se fiche dans la branche de son arbre hôte et sert de pompe à sève. 

Néanmoins, le gui possède ses propres chloroplastes et il ne prélève que de la sève brute qu’il transforme ensuite en substances nutritives pour nourrir ces cellules. Ce sont les oiseaux, qui attirés par ses jolius fruits nacrés, vont participer à la dissémination du parasite. Au gré de leurs déjections, les graines finiront sur un nouvel arbre, collées à une branche, où elles pourront se développer. Mais pourquoi s’embrasse-t-on sous cette plante étrange pour le nouvel an ?

Doté de propriétés miraculeuses, le gui était associé à Hermès, le messager des Dieux dans la Grèce antique et au temps des Celtes, symbolisant la vie perpétuelle, il était cueilli par les druides. Plante liée à la lune, il chassait les mauvais esprits, neutralisait les poisons ou encore guérissait les corps, encore fallait-il qu’il ait poussé sur un chêne ! Depuis, en Europe du Nord, le gui symbolise la prospérité et une longue vie et il est d'usage de s'embrasser dessous pour ouvrir la nouvelle année.