Au crépuscule, la belle de nuit s’épanouit

fleur d'onagre © Fabrice Cahez / naturepl.com

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Emmanuelle Grundmann

Surnommée tantôt primevère du soir, herbe aux ânes ou parfois même jambon de Saint-Antoine en référence au goût de sa racine rosée, l’onagre profite de ces chaudes journées pour s’épanouir à la nuit tombée comme en témoigne son appellation la plus usitée.

Bisannuelle, au sortir de la graine, elle se fait discrète et reste cantonnée, en rosette, au ras du sol pour s’élever à la vue de tous à l’aube de son deuxième été.

Si vous vous promenez une fois le crépuscule amorcé sur des chemins de campagne, vous pourrez peut-être apercevoir les boutons spiralés d’un jaune solaire qui s’épanouissent en dix minutes à peine sous les reflets de la lune.
Mais le spectacle est éphémère et les insectes nocturnes doivent se hâter pour goûter son délicieux nectar sucré. Aux premiers rayons de soleil, les pétales se froissent et se flétrissent. D’autres prendront la relève la nuit prochaine.

Vendue comme plante d’ornement, l’onagre rose ou primevère du Missouri s’avère en revanche fatale pour les moro-sphinx, dupés par la ressemblance troublante avec sa proche cousine. En effet, le tube au fond duquel se trouve le nectar est si étroit que le papillon à la trompe bien pendue reste coincé dans la corolle. Il finit par mourir d ‘épuisement sans avoir pu se dégager de ce redoutable piège.

Source : La Salamandre