Quand les poètes dansent dans les hautes prairies

Coucher de soleil et parterre de Narcisses des poètes © Michel Cavalier / Biosphoto

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Emmanuelle Grundmann

Alors que le printemps bat son plein dans les plaines, sur les plateaux, à mille mètres d’altitude, les bourgeons des arbres s’extirpent avec lenteur de leurs écailles poisseuses et dans les prés, ce sont les plantes à bulbes qui s’éveillent tardivement.

Ici, dans le Haut-Bugey, point de jonquilles mais de graciles poètes en habit blanc et or rehaussé d’un fin liseré carmin en leur coeur. Ces frêles narcisses, au port élancé et à la corolle ciselée s’ouvrant comme un soleil illuminent les paysages et semblent, avec la kyrielle de boutons d’or qui les accompagnent dessiner un tableau impressionniste.

Si vous vous penchez, vous pourrez capturer un peu de leur essence, en inspirant leur délicate odeur. Une odeur qui a depuis longtemps séduit les parfumeurs venant récolter à l’aide de larges râteaux spéciaux dotés de roues ces fleurs, notamment dans l’Aubrac.